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Archive de avril, 2011

18
avr

Désactiver une extension dans GNOME Shell

GNOME Shell, la surcouche à GNOME 3, a été pensé de façon à faciliter la création d’extensions visant à modifier et adapter (améliorer?) son comportement. Je prendrai pour exemple un pack d’extensions que m’a proposé antistress il y a peu et qui permet entre autres d’ajouter l’item « Éteindre… » dans le menu utilisateur, d’ajouter un dock ou encore de modifier le comportement du Alt+Tab. C’est ce dernier point qui ne m’a pas convaincu et que j’ai décidé de désactiver. Je ne sais pas s’il existe une méthode plus simple pour désactiver une extension mais cette solution a le mérite de faire découvrir quelques outils de GNOME Shell. Voici comment j’ai procédé :

Il convient d’abord de connaître le nom exact de l’extension. Pour cela, il faut se rendre dans le dossier contenant le code Javascript de celle-ci. Le plus simple étant de faire un Alt+F2, de taper lg puis d’exécuter. Ceci lancera Looking Glass, une interface de débuggage des extensions de GNOME Shell.

Lacement lg

Alt-F2 + lg + Entrée

Sur cette interface, cliquez sur l’onglet « Extensions ». Vous obtiendrez ainsi la liste des extensions installées sur votre gestionnaire de fenêtre.

Looking Glass

Looking Glass - onglet Extensions

Pour connaître le nom nécessaire à la désactivation d’une extension, cliquez sur « Afficher la source ». Ceci ouvrira le dossier contenant le code source de l’extension (code Javascript, JSON et CSS en général). Ce qu’il vous faut, c’est le nom de ce dossier. Dans le cas de l’extension AlternateTab il s’agit de alternate-tab@gnome-shell-extensions.gnome.org.

Nous allons maintenant ouvrir l’outil dconf-editor. Là encore, soit depuis un terminal, soit depuis Alt-F2. Et nous allons afficher l’entrée org->gnome->shell.

dconf-editor

dconf-editor : org->gnome->shell

C’est la clé disabled-extensions qui nous intéresse. Pour désactiver l’extension AlternateTab, il suffit de rajouter son nom dans la liste de valeurs correspondante. Il convient de mettre ce nom entre simples quotes. Dans le cas où vous souhaitez désactiver plusieurs extensions, il faut séparer ces entrées par des virgules. Il ne reste plus qu’à quitter dconf-editor et à rebooter (ou faire un restart de gdm).

 

9
avr

Gnome 3 sous ArchLinux : installation, astuces et premières impressions

Aujourd’hui, je me suis lancé dans l’installation sous ma distribution ArchLinux de Gnome 3 sorti il y a quelques jours. À l’heure où j’écris ces lignes (c’est-à-dire avant le passage dans extra), l’installation se fait de la façon suivante :

Il faut dans un premier temps activer les dépôts testing d’ArchLinux. Pour ce faire, il suffit de dé-commenter les lignes correspondantes dans /etc/pacman.conf :

[testing]
Include = /etc/pacman.d/mirrorlist

Ensuite, une simple mise à jour et l’installation de gnome-shell et gnome-tweak-tool fera le reste :

$ sudo pacman -Suy
...
$ sudo pacman -S gnome-shell gnome-tweak-tool

Un reboot plus tard et le tour est joué!

Activités

Activités (touche Windows, coin haut gauche, bouton "Activités")

 

Le paquet gnome-tweak-tool n’est pas indispensable. Cependant, il permet de faire quelques réglages sur l’interface et c’est assez appréciable pour certaines choses. Mais j’y reviendrai!

Tweak Tool

gnome-tweak-tool

 

Je vais donc vous livrer mes premières impressions un peu en vrac et tâchant ici et là de vous donner quelques astuces qui vous éviteront de perdre du temps…
Tout d’abord, je dois le reconnaître, je trouve l’interface vraiment belle. Un gros travail de design graphique a été fait et c’est très agréable. Je regrette cependant la qualité des icônes utilisés. Mais un coup de Faenza plus tard et on a quelque chose de bien (une fois Faenza installé, gnome-tweak-tool permet de sélectionner ce set d’icônes). Enfin, je trouve le choix de la police et sa taille pas fantastiques mais là encore ce sont des appréciations personnelles et ça se règle assez facilement, toujours avec gnome-tweak-tool. Les premières minutes d’utilisation sont très déroutantes et pourront en décourager certains. Cependant, je suis de ceux qui n’ont pas peur du changement et je dois dire qu’au bout de quelques heures cette nouvelle interface s’avère très efficace.

Parmi les petits changements qui sont assez troublants, j’ai noté :

  • la disparition des boutons « réduire » et « maximiser » sur les fenêtres. Là encore, gnome-tweak-tool permet de les restaurer. En réalité c’est surtout le bouton « réduire » qui m’a manqué. La maximisation des fenêtres se fait très simplement en déplaçant celle-ci vers le haut de l’écran. À noter que de la même manière, on peut déplacer une fenêtre vers un côté de l’écran de façon à ce qu’elle prenne en largeur exactement la moitié du bureau. Ceci est très utile pour positionner rapidement deux fenêtres côte à côte.
  • La suppression, en tous cas sur un ordinateur portable, des boutons « Éteindre » et « Redémarrer » du menu utilisateur. Seul « Mettre en veille » est disponible. Je dois dire que je ne comprend pas ce choix… Quoi qu’il en soit lorsque vous affichez le menu utilisateur, le bouton « Mettre en veille » peut se transformer en « Éteindre… » si vous maintenez la touche Alt enfoncée. Il y a très certainement un moyen de fixer ce bouton sur le menu mais je ne l’ai pas encore trouvé…

    Menu Utilisateur

    Menu Utilisateur avec bouton de mise en veille (touche Alt pour le modifier en "Éteindre...")

  • gnome-do m’a posé des problèmes. J’avais pour habitude de l’utiliser mais j’ai dû le désinstaller. Ceci est principalement dû, je pense, au fait que la touche Windows est maintenant une des touches centrales de Gnome 3 puisqu’elle permet d’accéder à la fenêtre des activités. Or, cette touche est aussi la touche qu’il faut combiner à la barre d’espace pour utiliser gnome-do. Quoi qu’il en soit, bien qu’il soit possible de changer cette combinaison, gnome-do n’est plus vraiment utile puisque justement, la fenêtre d’activités réagit plus ou moins comme lui. Dès lors que vous commencez à taper du texte, les icônes des applications sont filtrées de façon à faire apparaître celle que vous voulez lancer. À noter cependant qu’il semblerait que les icônes ne se trient pas par fréquence d’utilisation comme avec gnome-do ce qui est un peu dommage…
  • Parfois, lors du lancement d’une application, celle-ci se lance en « background » et une notification apparaît une fois le programme prêt. Là encore, je ne comprend pas vraiment la logique puisqu’il faut alors cliquer sur la notification pour afficher la fenêtre du programme. Une étape supplémentaire pour afficher une fenêtre d’application c’est un peu dommage!
  • Le clic droit sur le bureau n’a plus aucun effet. Il faudra apprendre à vivre sans…
  • La refonte de l’application de paramétrage (fond d’écran, police d’écriture, effets, …) n’est pas vraiment une réussite. Sans gnome-tweak-tool, difficile de faire grand chose finalement. Ou alors c’est bien caché!
  • J’ai enfin noté quelques lenteurs à deux niveaux. Premièrement, au chargement de Gnome 3 lors du démarrage de l’OS. Deuxièmement, à l’affichage de l’onglet « Applications » qui liste les icônes de toutes les applications installées. C’est parfois instantané, parfois non.

Voilà, ce sont en vrac les quelques points « négatifs » que j’ai relevé après un petit temps d’utilisation. Ce n’est rien de dramatique et ce sont des détails qui se règlent assez facilement. Les points positifs maintenant :

  • Le graphisme est bien travaillé! Ça ne sera peut-être pas au goût de tout le monde mais voilà une interface qui ne nécessite pas l’installation d’un thème pour être jolie et agréable (hormis les icônes comme évoqué précédemment).
  • le système de notification a également été grandement amélioré et vraiment intégré dans l’interface. Pour le coup, ce système est très bien imaginé et je pense notamment aux notifications des messageries instantanées. Ces boites de notifications permettent par exemple de répondre directement à son contact sans ouvrir de fenêtre.

    Notifications avec Empathy

  • Le système proche de gnome-do intégré de base dans Gnome 3. Comme dit précédemment, je nuance ce point avec le tri qui ne se fait pas en fonction de la fréquence d’utilisation.
  • Une gestion dynamique des espaces de travail a été ajoutée. Le principe est simple, il y a toujours un et un seul espace de travail libre disponible. Dès que vous ouvrez une fenêtre dedans, un nouvel espace se crée et inversement.
  • La fenêtre des activités est vraiment un plus selon moi. Je sais que je ne vais pas faire l’unanimité en disant ça mais c’est vraiment un point qui m’a convaincu. Cette fenêtre permet de regrouper toutes les actions de l’utilisateur qui sont hors des applications elles-mêmes. Ainsi, c’est depuis cette fenêtre qu’on ouvre (voire qu’on ferme) une application, qu’on parcourt les programmes disponible, qu’on gère ses applications favorites, etc… le tout accessible rapidement. Le bureau ne sert donc plus a autre chose qu’à gérer les applications ouvertes. La suppression de la barre des tâches offre, qui plus est, un gain de place intéressant. Alors certes, on est habitué depuis 20 ans au bureau avec ses icônes, son menu, sa barre des tâches, etc… mais un peu de changement ne fait pas de mal. C’est un choix un peu risqué de la part de l’équipe de développement de Gnome mais je trouve que ça en vaut la peine.
  • Le calendrier/agenda intégré! Un screenshot sera plus parlant :

    Calendrier

    Calendrier/Agenda

  • Deux boutons « Wikipedia » et « Google » ont été ajouté dans la fenêtre d’activités. Ces boutons apparaissent lors d’une recherche à la gnome-do et ouvrent une page dans le navigateur par défaut à la page correspondante à la recherche. Cette idée me plaît bien. Reste à voir à la longue si ces boutons seront utilisés ou pas…
  • Enfin dernier point et pas des moindres : lors de l’ouverture d’une application, si celle-ci est déjà en cours d’utilisation, c’est cette dernière instance qui sera renvoyée à l’utilisateur. Il faudra spécifier explicitement par un clic droit sur l’icône que l’on souhaite ouvrir une nouvelle fenêtre.

Voilà, je pense avoir fait le tour de ces premières impressions à l’utilisation de Gnome 3. J’en suis satisfait et je ne compte pas abandonner la surcouche Gnome Shell. Il y a certes des comportements parfois étranges mais ce sont sans aucun doutes des défauts qui seront corrigés dans les jours a venir. J’ai eu l’occasion de tester également Unity, qui sera utilisé dans la prochaine release d’Ubuntu et je lui préfère Gnome 3/Gnome Shell qui me parait plus abouti et qui prend totalement le parti de cette nouvelle interface utilisateur.

 

4
avr

Aquilenet, FAI associatif Aquitain : Interview d’un des fondateurs

AquilenetJ’avais déjà évoqué l’association Aquilenet dans un billet précédent puisque c’est elle qui avait organisé il y a quelques semaines la conférence « Internet et Libertés » en présence de Jérémie Zimmermann de la Quadrature Du Net.

Si je lui consacre entièrement un billet aujourd’hui, c’est parce que depuis quelques jours, ce FAI associatif a lancé officiellement ses ouvertures de lignes ADSL. Aquilenet se présente ainsi :

Aquilenet est une association fournisseur d’accès à Internet (FAI), actuellement sur sa lancée de lignes ADSL « avec du vrai Internet » en Aquitaine depuis janvier 2011, membre fondateur de la Fédération FDN. Nous avons préféré attendre d’avoir quelques lignes en fonction avant d’ouvrir publiquement le service, il est maintenant temps pour de nouveaux adhérents de nous rejoindre, pour s’abonner ou simplement nous soutenir !

Pourquoi Aquilenet ? Parce qu’il s’agit de « vrai Internet »: un Internet sans bridage, sans filtres, sans collecte d’informations à des fins commerciales et sans contrainte à l’innovation. Il s’agit donc d’un branchement direct au réseau avec des services fournis au maximum de la bande passante possible. Une IP fixe, (un reverse DNS, une délégation DNS, etc.), une interface de gestion de son compte, un coût mensuel maîtrisé. Étant une association loi 1901, Aquilenet offre de la transparence sur les comptes et n’a pas d’objectif de rentabilité. Nous facturons donc les lignes en fonction de leur prix de revient, et chaque adhérent peut le vérifier. L’association n’utilise que des solutions libres, ce qui nous permet d’être dans une démarche de construction des services avec les adhérents. Chacun peut participer à développer l’infrastructure…

Pour en savoir un peu plus, j’ai interrogé Samuel Thibault un des fondateurs de l’association.

Bonjour Samuel, peux-tu te présenter brièvement?

Je suis enseignant-chercheur à l’Université Bordeaux 1, spécialisé en calcul parallèle haute performance. Je suis par ailleurs développeur Debian, dont je m’occupe de l’accessibilité, et je suis un des mainteneurs de GNU/Hurd. De plus, je joue de la batterie et du trombone dans divers orchestres. Enfin, je suis trésorier d’Aquilenet.

Peux-tu nous expliquer en quelques mots ce qu’est Aquilenet?

Il s’agit d’une association pour remuer le réseau Internet en Aquitaine. Elle est notamment Fournisseur d’Accès Internet: elle fournit actuellement un accès à Internet via des lignes ADSL. Elle compte également développer la structure du réseau Internet en Aquitaine: interconnexion locale et avec nos voisins à Brives, Sames, Toulouse, Lyon, … plutôt que systématiquement remonter à Paris.

Quel est l’intérêt d’un FAI associatif?

L’intérêt d’un FAI associatif est que les abonnés sont adhérents de l’association, c’est-à-dire qu’ils ont droit de regard sur la politique menée par l’association et peuvent mettre la main à la pâte: politique de non-filtrage, tarification (avec tarifs étudiants par exemple), développement de nouveaux services, etc.

Et pourquoi une implantation régionale?

Il y a plusieurs réponses. FDN est le premier Fournisseur d’Accès Internet français encore en activité. Il se trouve qu’il est associatif. Récemment, FDN a commencé à grossir de plus en plus (200 lignes ADSL à l’heure actuelle), et cela commence à poser problème: il y a typiquement une centaine de personnes qui assistent à l’AG ! Fonder des FAIs locaux, qui restent à taille humaine, permet de décharger en quelque sorte FDN. Fonder des opérateurs est par ailleurs bénéfique pour le réseau ! Lorsque l’on regarde l’implantation des LIRs en France (https://lirportal.ripe.net/maps/locator/) on note une centralisation extrême à Paris, alors que nos voisins européens voient leurs opérateurs répartis géographiquement. En France la topologie du réseau est essentiellement en étoile, or on sait bien que c’est moins robuste et efficace qu’un maillage. Fonder des opérateurs locaux est donc une manière de remailler le territoire. C’est également une manière de dynamiser le réseau localement. Au datacenter de Bordeaux-Lac par exemple, il n’y a pas d’IX, l’outil qui pourrait permettre aux PMI/PME de s’interconnecter directement en local, plutôt que remonter tous les flux à Paris juste pour redescendre aussitôt à Bordeaux, encombrant ainsi les fibres entre les deux alors qu’il suffit de mettre un câble en local. Aquilenet compte aider à la création d’un GIXE qui s’en occuperait. C’est enfin un point de rencontre local pour les férus de réseau ! Aller à Paris juste pour causer switches Ethernet, c’est onéreux. Un opérateur local peut organiser des rencontres locales pour causer, boire des bières, etc. qui sont autant d’occasions de plus facilement convaincre des gens de s’abonner à un FAI associatif.

Peux-tu nous expliquer comment tout ça fonctionne (à qui appartiennent les lignes? à quel niveau intervenez-vous? etc…)?

Aquilenet n’est pour le moment qu’une « marque blanche », c’est-à-dire qu’elle ne fait que commander des lignes à FDN pour le compte de ses adhérents, et récolter les sous :) Nous comptons par la suite nous occuper petit à petit de plus en plus des différents éléments de l’accès Internet. Par ailleurs, FDN ne possède pas sa propre infrastructure ADSL et sous-traite à Nerim, qui lui-même sous-traite à SFR (cas dégroupé) ou à France Télécom (cas non dégroupé). Actuellement, ce qui se passe lors d’une prise de ligne ADSL dégroupée est donc:

  • un adhérent soumet sa demande de souscription à Aquilenet.
  • Aquilenet commande la ligne auprès de FDN, qui la commande auprès de Nerim, qui la commande auprès de SFR, qui la commande auprès de France Télécom.
  • SFR remonte la collecte ADSL à Paris et la livre à Nerim, qui la livre à FDN.
  • FDN réceptionne la collecte, et redistribue vers Internet via l’opérateur alternatif Gitoyen.
  • SFR facture à Nerim, qui facture à FDN. Gitoyen facture à FDN. FDN facture à Aquilenet, qui facture à l’adhérent.

Cela parait bien long comme chemin, il est vrai qu’ajouter des intérmédiaires pourrait nuire. Il se trouve que la construction de ligne ne prend tout de même typiquement que quelques jours. Les intermédiaires prennent bien sûr leurs marges, mais de toutes façons pour l’ADSL il n’y a guère le choix: ni France Télécom ni free ne sont ouverts à fournir le service, SFR n’accepte plus de traiter directement avec FDN, et malgré sa bonne volonté, Nerim n’est pas forcément encline à établir des contrats avec de nombreux FAIs locaux. Poser soi-même des DSLAMs nécessite enfin un investissement bien trop important pour une association. Aquilenet n’a donc qu’un rôle purement administratif pour l’ADSL, et sous-traite toute la technique à FDN. Une autre possibilité aurait été de n’acheter que la collecte à FDN: le scénario aurait été le même, sauf que plutôt que redistribuer vers Internet, FDN aurait livré la collecte à Aquilenet, qui devrait alors se débrouiller pour redistribuer vers Internet. Le hic, c’est que la livraison ADSL a à priori de toutes façons lieu à Paris, cela nous a donc semblé inutile de dépenser du temps pour finalement rester dans un scénario centralisé à Paris, nous préférons le dépenser sur des projets plus locaux.

Où intervient le libre?

Tout le chemin entre le modem de l’abonné et FDN appartient tantôt à France Télécom, SFR, Nerim, donc dépend d’eux a priori. Mais ceux-ci n’ont pas à regarder ce qui y passe, le contrat ne stipule que la fourniture d’un câble virtuel entre l’abonné et FDN, qui est alors utilisé librement pour faire passer n’importe quoi, notamment de l’IPv4 et de l’IPv6 sous toutes leurs formes, sans aucune contrainte, que ce soit en termes de différenciation de débits, de fermetures de ports, de possibilités de routages, etc.: c’est vraiment juste un câble passif, avec lequel on fait ce que l’on veut entre l’abonné et FDN. Si ces opérateurs le voulaient vraiment (mais ils n’auraient pas suffisamment d’intérêt commercial à cela), ils pourraient dépenser du matériel et du temps pour ajouter un DPI ; on pourrait alors au pire utiliser une option de chiffrement de PPP. À l’inverse, les fournisseurs d’accès commerciaux ont tendance à fermer certains ports, refuser de fournir aux abonnés différentes IP (statiques), une délégation rDNS, voire différencier les flux: ralentir volontairement le débit disponible depuis certains sites jugés concurrents.

La « neutralité du réseau » que vous proposez suppose donc que vous êtes à l’abri du flicage (HADOPI) et du filtrage (LOPPSI)?

On ne peut pas être à l’abri des lois: si une loi (et surtout, les décrets correspondant) impose un flicage ou un filtrage, on n’a guère d’autre choix que de l’appliquer, sinon c’est du pénal. Il peut par contre arriver que l’on traîne à le faire, et apporter une justification de difficulté technique (qui est réelle !), ou simplement montrer une volonté relative d’obtempérer. On a vu Free fournir des listings sous forme papier ;)

Comment se traduit cette neutralité chez Aquilenet?

Pour l’instant, puisque Aquilenet n’effectue pas elle-même sa collecte et redistribution, c’est surtout du côté de FDN qu’elle se traduit, Aquilenet ne fait que retransmettre le service de FDN, qui correspond bien à son éthique: tout est ouvert et indifférencié, tout simplement. Si les décrets passent, FDN devra commencer à essayer de mettre en place flicage et filtrage (FDN a pour principe de respecter la loi). Aquilenet devra alors se poser la question.

Pourquoi adhérer à l’association?

Pour nous soutenir ! Financièrement bien sûr, mais aussi Aquilenet commence à toquer à la porte des collectivités locales, et a bien plus de poids lorsqu’elle a des adhérents derrière.

Enfin, quand est-ce que les premières lignes ADSL pourront être ouvertes et quel sera le prix mensuel de l’abonnement?

Dès maintenant ! Le prix mensuel est aligné sur celui de FDN, 28€/mois en dégroupé partiel SFR, 41€/mois en non-dégroupé SFR, auquel s’ajoute le coût de la ligne France Télécom. Des tarifs réduits (27€/36€) sont proposés pour les étudiants, RMIstes, chômeurs, etc.

 

Merci à Samuel pour le temps qu’il a consacré à cette interview. Vous trouverez davantage d’informations sur http://www.aquilenet.fr. Si vous avez des questions, n’hésitez pas à les contacter ou à laisser un commentaire sur ce blog. Je ferai suivre la question à Samuel et tâcherai d’y répondre rapidement.